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Gwen, le livre de sable (1984) de Jean-François Laguionie

Les dieux ont quitté la terre désormais recouverte de dunes. Dans ce monde post-apocalyptique, Roseline 173 ans, raconte la vie de sa tribu. A la tombée du jour, les nomades se réfugient au fond d'un puits, car la nuit appartient au "Makou" qui déverse d'étranges objets sur le sable. Gwen, une jeune orpheline intrépide de 13 ans, va bouleverser la vie de Roseline. En effet, Gwen et le fils de la vieille femme vont braver l'interdit et passer la nuit ensemble à la belle étoile. Mais le jeune garçon est enlevé par le "Makou" poussant Roseline et Gwen à partir à sa recherche dans la cité des morts...

Voilà un film d'animation digne d'intérêt tant pour sa très belle plastique que pour son étrange histoire. Loin de tout ce que le jeune ou moins jeune spectateur a l'habitude de regarder, Gwen et le livre de sable suspend le temps. L'histoire nous est contée, en voix-off  dans un langage soutenu et poétique, le tout accompagné par des intermèdes musicaux ou des chants d'une grande intensité. Les deux jeunes amoureux vont bousculer l'ordre établi, car ici les individus se soumettent sans discussion aux lois. Sans jamais attaquer directement la religion, ce dessin-animé  n'en reste pas moins une critique de la croyance aveugle qui annihile la pensée, l'esprit critique et l'individu. La référence à l'église catholique est claire : le livre, les copistes et les chants liturgiques... sont autant d'indices. La Bible, représentée par un catalogue de matériels  (type Manufrance),  est chantée par ses fidèles qui reprennent en chœur ces étranges psaumes... Le film a indéniablement un côté mystique qui mériterait une analyse approfondie. Une approche différente peut être effectuée sur le plan esthétique. De nombreux éléments visuels rappellent des peintures de Dali ou Magritte, mais aussi de la peinture orientaliste : les couleurs (les bleus et les jaunes), les béquilles, les pierres superposées, le désert, les objets surdimensionnés posés au milieu de nulle part... Gouache et papier découpé ont été utilisés pour l'animation, donnant vie à de magnifiques tableaux animés. Difficile de décrire ce film dont le sens continue à nous échapper, où la beauté continue de nous éblouir, qui déplaira peut-être au spectateur impatient mais qui émerveillera et interrogera certainement les contemplatifs...

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